NOS EPICEAS EN DANGER

NOS FORETS D’ÉPICÉAS MENACÉES

Info du journal la Meuse du Dimanche 8 avril 2018Le réchauffement climatique cela fait des années que l’on en entend parler mais cela semble presque inaccessible. Ça concerne les ours polaires ou la banquise mais pas nos forêts belges. Et bien détrompez-vous. La WWF vient en effet de publier une étude en trois volets qui détaille les conséquences fâcheuses du changement climatique sur nos forêts mais aussi sur les espèces qui les peuplent.
25 à 75 % des espèces présentes dans notre pays courent le risque de voir leurs populations se réduire de manière plus ou moins importante. Plusieurs causes sont à l’origine de ce phénomène : atteinte à leurs habitats par le morcellement ou l’urbanisation, pollution des sols, des eaux et de l’air, etc. Les changements climatiques exercent une pression supplémentaire sur la biodiversité : les espèces doivent s’adapter ou se voient forcées de migrer ou de périr, alors que parfois de nouvelles espèces venues du sud s’installent et se développent dans nos contrées.
hêtres et épicéas en danger
Des épisodes de sécheresse estivale prolongée risquent en effet d’induire un stress hydrique (manque d’eau) des peuplements. Ce stress peut avoir des impacts très différents selon les essences. En outre, les espèces d’arbres qui peuplent nos forêts actuellement ne sont pas adaptées au climat plus aride auquel la Belgique devrait faire face dans les prochaines décennies. C’est le cas notamment de l’épicéa (une espèce d’origine montagnarde) mais aussi du hêtre qui est sensible à la sécheresse. Par ailleurs, selon une étude publiée dans la revue Natuur.focus, les fleurs sont également affectées par le changement climatique : les fleurs préférant les températures fraîches, comme l’Anémone des bois, sont en partie remplacées par des espèces qui aiment davantage le chaud. Les insectes et autres espèces qui s’alimentent des plantes des sous-bois sont à leur tour confrontés à tous ces changements.
Printemps précoce
L’augmentation de la température rend plus précoces certains événements printaniers, tels que l’éclosion des bourgeons (qui arrive cinq à 15 jours plus tôt qu’il y a 50 ans), et plus tardifs certains événements d’automne, tels que le jaunissement des feuilles. Ces changements bouleversent les interactions entre espèces.
Ceci est illustré par exemple par le cas du gobe-mouches noir, la date d’arrivée de cet oiseau migrateur progresse plus lentement que la période d’apparition de la nourriture principale de ses jeunes (la chenille du hêtre). Les 20 dernières années, le gobe-mouches est revenu de plus en plus tôt de ses zones d’hivernage en Afrique, mais pas suffisamment que pour pouvoir profiter du pic de nourriture. La population de gobe-mouches noirs commence par conséquent à baisser fortement en Belgique.
Par ailleurs, la présence et le nombre d’espèces de climats tempérés chauds ont en effet augmenté au cours des dernières décennies en Belgique : libellules méridionales, araignées (argiope frelon), oiseaux (guêpier d’Europe), moustiques…
Certaines espèces nuisibles sont favorisées par les effets des changements climatiques (prolifération de tiques, chenilles processionnaires…).
En Wallonie, la succession d’étés chauds et secs depuis plusieurs années a déjà permis de multiplier les observations de sept espèces de libellules typiques des régions méridionales. Il en va de même en ce qui concerne d’autres espèces d’insectes (sauterelles, grillons, papillons…). Dans le même temps, certaines espèces indigènes quittent nos régions, comme par exemple le cabillaud, qui migre vers le nord, à la recherche des eaux plus froides.
Le changement climatique reste donc un sujet de préoccupation pour tous, même en Belgique où il est urgent d’inverser la vapeur si l’on souhaite maintenir la faune et la flore locale.
Fanny Jacques

 

Laisser un commentaire